Course Canigou - Running France

Ma course du Canigou 2014, une montée d’émotions

Dimanche 3 août 2014, soit 15 jours après mon Interlac Trail, j’ai participé au Championnat du Canigou ou Course du Canigou dans le département des Pyrénées-Orientales. Ma belle-famille me parlait de cette course depuis 5 ans et c’est début 2014 que je me suis décidé à m’inscrire sur cette course réputée difficile dans la région.

Cette course qui accepte 800 participants maximum est très prisée, il faut s’y inscrire (par voie postale uniquement) très tôt pour avoir la chance d’être sur la ligne de départ, en effet, dès le 22 mars 2014, toutes les places pour l’édition 2014 étaient pourvues.

Avec un profil type d’une course de skyrunning avec près de 10km à plus de 2000m d’altitude, ce circuit de 34 km, en boucle avec une montée de 18.1 km et descente de 15.9 km et un dénivelé positif de 2180 m, entre Vernet-les-Bains à 650 m et le Pic du Canigou à 2784 m. Il n’emprunte pas plus de 10% de routes goudronnées, le reste est effectué sur des routes forestières et des sentiers de montagne sur terre, pelouse, éboulis et surtout de la roche!

Le moment clé de ce parcours est le passage de la « Cheminée » (paroi abrupte sur une centaine de mètres), pour atteindre le Pic de Canigou, plus proche de l’escalade que du trail, puis une descente avec des passages très techniques avec forts pourcentages. Ces caractéristiques techniques en font une course hors normes selon la classification FFA.

Dimanche matin, réveil à 5h15 pour un bon petit déjeuner et une douche bien chaude pour me réveiller et pour être prêt à attaquer cette journée qui va être longue. Je sais que je pars pour minimum 5h de course avec une estimation au « doigt mouillé » de 3h15 pour la montée et 1h45 pour la descente. 6h30, direction Vernet-les-Bains, à 3km d’où je suis logé pour prendre le départ, 6h45 soit 15min avant le départ de la course, cette petite ville de 1500 habitants grouille de coureurs, accompagnés de leurs supporters. L’ambiance est très bonne et nous avons la chance d’avoir un ciel sans aucun nuage, la météo annonce un temps exceptionnel aujourd’hui!

Je profite que la place principale du village se vide pour prendre quelques photos et vidéos quand j’entends le coup de pétard annonçant le départ de la course, m…de, je me retrouve tout à l’arrière du « peloton », juste devant les pompiers de l’association Pompier Raid Aventure qui font cette course avec une joëlette avec des enfants, ils sont courageux!!!

Etant bien derrière après ce départ loupé, j’essaie de remonter sur un maximum de coureurs dès le départ sur la partie bitumée et avant les premiers chemins qui ne faciliteront pas le fait de doubler les autres coureurs. Après moins de 2km, nous attaquons déjà les chemins et le dénivelé, les premiers kilomètres se passent bien, la marche devient le principal moyen d’avancer, « à la queue leu leu » nous passons le Col de Jou, je profite de la moindre baisse de dénivelé pour me remette à courir mais jamais sur plus 200m…

Le premier 1000m de D+ est avalé en un peu moins de 8km et un peu plus de 1h20, quelques centaines de mètres plus loin, le passage à Mariailles nous offre le premier spectacle de cette course avec un panorama à couper le souffle (à 1min20 dans la vidéo).

Je profite du léger plat après ce ravitaillement pour me relancer, lors d’une traversée d’un cours d’eau, je glisse et chute sur mon genou gauche, je me relève, pas de bobo apparent,  je double quelques coureurs mais la montagne revient vite nous rappeler qu’il reste près de 1200m de D+ à réaliser pour arriver au sommet du Canigou!

Les paysages, sublimés par ce ciel bleu et ce soleil, rendent la « balade » très agréable, mais je me rends compte que la course change peu après le 12ème kilomètre (à 2min10 dans la vidéo), les arbres sont de moins en moins nombreux et font place aux rochers et aux petits buissons, la marche, les uns derrière les autres, est redevenue notre seul moyen d’avancer, nous venons de passer la barre des 2000m d’altitude, je suis les autres concurrents, plus personne ne parle. A ce moment, je suis assez satisfait de ma course, je suis encore dans les temps pour atteindre le Pic du Canigou en 3h15, les jambes sont là et je kiff!!!!

A peine 15min plus tard, soit 1km plus tard… je réalise que l’objectif temps en haut du Pic sera difficile à tenir, ça bouchonne, je paie mon départ à l’arrière de la course, je marche puis je m’arrête en attendant que les autres coureurs avancent, la « cheminée » qui est à 3km à du mal à « tirer » tous les coureurs au sommet. Le chemin, fait de rochers et de cailloux ne facilite pas cette ascension.

En bas de la « cheminée », je commence la partie « escalade » de la course (à 2min50 dans la vidéo), je suis obligé de m’aider de mes mains pour grimper. Les supporters, en nombre au sommet, se font entendre! La vue derrière est magnifique et annonce celle que nous aurons au sommet. Le sommet est atteint en 3h45 avec un dernier kilomètre en 34min! Pas grave, la vue au sommet fait oublier le chrono, je reste près de 10min au sommet pour faire des photos et prendre des vidéos (à 3min40 dans la vidéo)!

Maintenant, place à la descente, c’est dans cette partie que je suis le moins à l’aise, surtout quand il y a des cailloux partout!! J’ai démarré doucement en prenant soin de ne pas tomber et de ne pas chuter plusieurs dizaines de mètres plus bas… 1km de concentration extrême puis, la descente est devenue moins technique et j’ai pu accélérer un peu, et ce, jusqu’aux 25ème kilomètre où j’ai ressenti une douleur au genou gauche, est-ce une conséquence de ma chute dans la rivière qui est réveillée avec les chocs de la descente ? Je ne sais pas, mais en tout cas, lors d’un arrêt au ravitaillement, la douleur s’est intensifiée. Dès que le dénivelé négatif devenait trop important, j’avais du mal à encaisser les chocs. Aucun problème sur les parties plates mais je suis contraint de marcher dans toutes les descentes, je perds énormément de temps et je laisse passer les coureurs qui arrivent derrière moi.

Les derniers kilomètres sont très longs, avec des portions techniques avec un fort dénivelé négatif, pas le choix, je marche, regarde mon chrono et je me demande quand cela va finir!! Le chrono n’étant pas/plus une priorité, je fais attention pour ne pas me blesser davantage mais je relance dès qu’il y a du plat! Les 3 derniers kilomètres, moins techniques, sont réalisés à une moyenne de 8,5km/h

Dans les 200 derniers mètres, je relance et profite du public qui m’applaudit, l’émotion monte, je réalise que je suis parti de ce même endroit il y a un peu plus de 6h. Je passe la ligne en 6h07, à la 550 ème place sur 803, les larmes ne sont pas loin…

Je retrouve ma copine et ma belle-famille qui me félicitent chaleureusement, je suis très content d’avoir fini mais je suis un peu amer car je suis relativement frais musculairement (après 6h de course et 2200m de D+), ayant été sur la réserve dans la descente à cause de mon genou, j’ai évité de casser des fibres. Je pense que sans ce pépin physique, j’aurai pû faire beaucoup mieux!

Pas grave, je ferai mieux l’année prochaine!! J’ai tellement kiffé ce trail que je sais déjà que cette course sera à mon programme 2015!!!

Donc RDV en août 2015 pour un nouveau compte rendu (sous les 5h!!??)!

Merci à ma copine, Cindy, et mes futurs beaux-parents d’avoir organisé ce beau weekend dans les Pyrénées spécialement pour cette course ainsi qu’à Monique (la grand-mère 😉 ) pour son hospitalité!!

  Vidéo sur ma course du Canigou, sélectionnez le mode HD pour une meilleure qualité:

 

6 comments

  • Vincent

    Ouah ça donne carrément envie, le paysage au dessus de 200m à l’air superbe, et l’ambiance au sommet! Encore une autre course à ajouter à la liste j’ai l’impression.

  • Mizun0

    Ouahou, ta course est magnifique!
    Je suis d’autant plus admirative que j’ai fait moi aussi le Canigou (en mode randonnée, pas trail), et mes jambes s’en souviennent encore. Ca a été la plus longue rando que j’ai jamais faite, bien 10h aller-retour, et malheureusement dans le mauvais temps avec un sommet bien bouché.
    Alors merci d’avoir partagé ta course, je redécouvre ce parcours sous le soleil et avec un coureur!

    • RunningFrance

      Merci Mizuno pour ton commentaire! J’espère que tu auras
      l’occasion d’y retourner par un jour de beau temps pour admirer le
      panorama au sommet.

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